LES RAPAT’ DE TOM – UN PIGEON DANS LA TOURMENTE!

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  ÉPISODE 05: UN PIGEON DANS LA TOURMENTE!

Madère

Madère. Vous ne me croirez pas quand je vous dirais que je ne savais pas où c’était avant d’y aller. Je pensais partir dans une quelconque ville espagnole. Je tape « Madère » sur Google, et me rends compte que c’est une île qui appartient au Portugal. Qu’à cela ne tienne ! Je vais prendre mon maillot de bain, on ne sait jamais. Réflexion faite, et après avoir regardé la météo, je laisse mon maillot de bain dans l’armoire ce coup-ci…

Il parait que Madère c’est très joli, la montagne qui se jette presque dans l’océan, des rochers écorchés jouxtant la forêt épaisse et bien verte, et tout plein d’autres choses… Je ne pourrais pas vous décrire plus de choses que ce que j’ai vu sur les images de google puisque le ciel était gris et plus que bas…
Cela dit, le rapatriement à Madère a été plein de bons moments malgré le temps grincheux. J’ai rencontré des gens très gentils, j’ai découvert que je pouvais soutenir une conversation en anglais-français-espagnol, ( en alternant les trois ), et j’ai rencontré une patiente très sympathique. Je me suis aussi fait attaqué par des pigeons, ou plutôt c’est à ma nourriture qu’ils en avaient, épisode aussi pénible que drôle.
Bref, Madère est une très jolie ville, de superbes jardins, une vue sur l’océan très sympa, et des petites rues piétonnes au charme fou. J’ai arpenté la ville toute l’après midi, marchant de ci de là, au grès de mes pas et de mes envies. Je me suis donc trouvé à boire un verre confortablement installé à la terrasse d’un café, dans une de ces petites rues piétonnes. ( c’est l’épisode des pigeons affamés, j’y reviens car il est assez drôle mais vous pouvez sauter quelques lignes si ça ne vous intéresse pas ).
 Donc, je suis assis en train de siroter tranquillement mon verre et de grigonter des petits gâteaux apéritif, quand je vois un pigeon atterrir près de ma table. Jusque là rien de dramatique, il y en a partout dans les rues. Je n’y prêtes pas plus attention, mais il se rapproche subrepticement de moi, par petits pas de côtés ( comme font tous les pigeons, mais celui-là avait une démarche particulière, presque fourbe ). Je continue à grignoter tranquillement mes gateaux, quand je sens un regard posé sur moi. Je tourne la tête et vois le pigeon ( je l’apellerais Georges, pour un côté pratique et parce que celui-là était vraiment un personnage ).
 George donc, fixe intensément mon gâteau ( si, je vous assure que les pigeons peuvent avoir ce genre de regards! ). Il me toise, comme s’il me jaugeait pour savoir si il pouvait m’affronter. Je vous jure avoir vu du défi dans ses yeux, et une terrible envie de me dérober ce gâteau. Sans plus attendre, j’enfourne l’objet de convoitise dans ma bouche, avec un air de triomphe et un peu de défi dans le blanc de l’œil. Je vois son regard étonné et pense qu’il va partir, vaincu et humble de n’avoir pas pu affronter plus fort que lui. Mais c’était trop le sous estimer. Il bondit d’un coup et se retrouve sur la table, il me jette un vif regard et plonge son bec dans mon assiette pour dérober un gâteau. Je n’ai pas le temps de réagir il est déjà par terre en train de déguster l’objet de son délit.
Offusqué, je rapproche l’assiette de moi et me dis que je serais plus vigilant la prochaine fois. Après avoir tranquillement mangé, il revient à la charge et adopte une technique différente. Il entreprend de tourner en sautillant autour de la table pour me déstabiliser. A chaque fois qu’il se rapproche trop je le chasse en frappant dans mes mains mais il réussi tout de même à me dérober de nouveau un gâteau. Énervé, je rapproche cette fois la table de moi et je deviens plus virulent dans le combat, je le chasse d’un revers de main ( ou de pied ) dès qu’il s’approche trop près. Le petit manège dure quelques minutes et amuse beaucoup les autres clients du café. A un moment je baisse la garde et Georges en profite pour carrément renverser l’assiette sur la table. Une flopée de pigeons ( sans doute sa famille ) débarque alors pour avoir chacun leur part du butin. Je ne tente même plus de les chasser et m’éloigne un peu de la table.
Sauf que Georges n’en reste pas là. Bien heureux de m’avoir volé mes gâteaux, il tente aussi de renverser mon verre pour en boire le contenu ! En plus d’être affamé, Georges est aussi amateur de bière ! Cette fois ci s’en est trop, je le chasse définitivement et finis ma bière avant la prochaine charge. Je me lève et pars, non sans passer tout près de ces pique-assiettes qui s’envolent, sans doute en quête d’un autre butin…
Excusez cette parenthèse sur les pigeons, mais c’est un moment drôle de ce rapatriement que j’ai voulu raconter, et qui n’est presque pas romancé ! Bref, revenons à nos moutons.
Je repars donc à mon hôtel pour me remettre de ces émotions avant d’aller chercher ma patiente le lendemain matin.
J’arrive à l’hôpital vers 7h du matin, frais et dispo. Seul bémol, personne ne m’attendais. Ni les infirmières, ni ma patiente. ( Ah, les joies du rapatriements mal programmé ! ) Ce genre de situation fait partie du boulot. Je vais donc voir ma patiente, qui n’a pas préparé ses bagages, et qui vient à peine de se réveiller. Je lui explique ce que je fais là, et qu’il va falloir qu’elle se prépare en moins de temps qu’il ne faut pour le dire si nous ne voulons pas rater l’avion. Problème : elle a les deux poignets dans le plâtre. ( Ne rigolez pas, ça arrive ).
Je l’aide donc à s’habiller, fait sa valise en un temps record ( heureusement rien de fragile à l’intérieur ), et nous partons pour l’aéroport. Nous avons tout de même le temps de boire un café ( à la paille pour madame ), et d’avaler quelque chose avant d’embarquer. Nous papotons gentiment durant le vol et j’essaye de lui expliquer que je ne fais pas ce travail bénévolement pendant qu’elle insiste pour me donner quelque chose, pour me rémunérer parce que : « c’est quand même bien ce que vous faites et vous êtes très gentil ». Je ne sais pas si j’ai finalement pu lui faire entendre que j’étais payé pour la rapatrier et que la gentillesse est de nature chez moi ( un peu de renforcement positif ne fait pas de mal de temps en temps ! ). Bref, nous arrivons sans encombre à Toulouse, et je rentre chez moi.
Les RAPAT’ DE TOM sont des récits d’aventure de rapatriement sanitaire. Tom, infirmier urgentiste, nous livre son expérience des missions sanitaires. Ce sont des histoires vraies qu’il nous partage. Pour retrouver ces « Chroniques au bord du Rapatriement Sanitaire » sur Amazon (format Kindle, 62 pages) et embarquer dans l’univers du soin, cliquez ici 😉
Copyright © Les Rapat’ de Tom 2014 tous droits réservés. Reproduction interdite. Crédit photographique: Bourrichon (source: wikipedia)

 

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