Pédiatrie : les débuts de Florence (nouvelle diplômée)

pediatrie

Salut,

Peux-tu te présenter rapidement pour les lecteurs de Territoire-Infirmier.com ?

Je m’appelle Florence, j’ai 23 ans et j’habite à Paris. Je suis infirmière depuis 2015. J’ai obtenu un bac ST2S (Sciences techniques de la Santé et du Social) en 2012. J’ai enchaîné l’IFSI juste après.

Pourquoi avoir choisi d’exercer en pédiatrie ? Qu’est-ce qui t’a attiré vers ce type de service ?

C’est peut être un peu cliché mais c’est pour le contact et le relationnel avec les enfants. J’ai aussi choisi ce service car il accueillait des enfants de la naissance à 18 ans. Effectivement on a une approche différente lorsqu’on est auprès d’un nourrisson par rapport à un adolescent. C’est cela qui me plaisait dans le service où je travaille.

Quelles qualités faut il avoir selon toi pour exercer en pédiatrie ?

Selon moi, il faut de la patience, un bon relationnel, de la rigueur, être irréprochable sur les calculs de dose, de la dextérité (mais cela s’acquiert avec de l’expérience), de la bienveillance et ne pas faire de jugement (que ce soit sur l’enfant ou sa famille).

Comment se sont déroulées tes études à l’IFSI ? Qu’est-ce que tu as le plus aimé et au contraire le plus détesté ?

Mes études se sont bien passées dans l’ensemble mais avec des hauts et des bas. Côté théorie je n’ai pas rencontré de problème particulier. Après, cela a été plus difficile côté stages. Effectivement, je n’avais jamais travaillé et cela a été difficile au début de prendre des initiatives et d’avoir confiance en soi.

Ce que j’ai le plus aimé c’est le fait de pouvoir faire des stages très diversifiés (ehpad, chirurgie , maternité, urgences, pédiatrie…). Cela a été très enrichissant et grâce à cela j’ai pu trouver un poste facilement ensuite.

Je n’ai pas aimé le système des cours à la fac parfois compliqué à suivre et avec un système que je trouve mal fait . En effet certains cours étaient dispensé pendant nos stages du coup ce n était pas possible pour nous d’être présent et cela nous faisait du travail supplémentaire à la maison.

Sur quoi as-tu fais ton mémoire de fin d’étude ? Pourquoi ?

J’ai fait mon mémoire sur l’acceptation des soins et la douleur liée au soin chez les enfants âgés de 2à 7 ans car mon projet professionnel était de travailler en pédiatrie.

Quel conseils donnerais-tu aux étudiants infirmiers qui souhaitent réussir leurs études ?

Tout d’abord, travailler régulièrement ses cours car le programme est assez dense.

Préparer un stage avant le premier jour (se renseigner sur les pathologies, les traitements..). Ne pas hésiter à poser des questions pendant le stage. Ne pas oublier que quelque soit le lieu de stage, même si ce n’était pas notre préférence, on y apprend toujours quelque chose. Vis-à- vis des professionnels, toujours parler avec tact lorsque l’on a des réflexions à faire concernant les pratiques. Certains professionnels ne supporteront pas d’être repris sur sa pratique même si vous avez raison (après, quand il y a maltraitance il ne faut quand même pas hésiter à le signaler au cadre ou à l’IFSI). Enfin, ne jamais dénigrer les autres professionnels et accepter les critiques , tant qu’elles sont constructives.

Depuis combien de temps avais-tu envie d’exercer en pédiatrie ? Y a t-il eu un stage où tu t’es dit « c’est ça que je veux faire » ?

Depuis que je suis petite je voulais travailler avec les enfants. Mon choix s’est précisé sur infirmière lorsque je suis rentrée au lycée.

Honnêtement, Je n’ai pas eu de déclic en stage. J’ai aimé quasiment tous les terrains de stage (hormis la psychiatrie et, étonnamment la rea neonat car je ne me sentais pas à l’aise dans l’approche du bébé prématuré).

J’ai adoré la chirurgie et je me suis dis pourquoi pas la chirurgie pédiatrique. Ayant fait de l’intérim en tant qu’auxiliaire de puériculture en attendant d’avoir mon diplôme, c’est vraiment cette expérience-là qui a confirmé mon choix de travailler en pédiatrie.

As-tu des livres à conseiller pour découvrir l’exercice infirmier en pédiatrie ? Que lis-tu en ce moment d’ailleurs ?

Oui, j’aime beaucoup le « Guide de la puéricultrice » qui est très complet. Après il y a aussi « Pédiatrie et pédopsychiatrie » de la collection des nouveaux cahiers de l’infirmière.

En ce moment je lis un livre de gynécologie obstétrique car je vais bientôt changer de poste pour découvrir la maternité.

Avec le recul et le diplôme en poche, comment vois-tu finalement les 3 ans d’études en soins infirmiers ? Quelle a été pour toi la chose la plus compliquée ?

Les 3 ans ont été une expérience parfois difficile. Je n’ai pas que des bons souvenirs de la formation mais cela m’a fait grandir et mûrir.

Ce qui a été le plus compliqué est la gestion du stress pendant les stages et le mémoire .

Est-ce difficile de trouver du boulot en pédiatrie ? As tu eu des difficultés à trouver un poste ?

Pour moi cela n’a pas été difficile. J’ai même été prise dans plusieurs endroits mais je pense qu’ il est plus difficile de trouver un poste en province qu’en région parisienne.

Après je pense qu’il ne faut pas être trop exigeant sur le poste au départ. J’ai envoyé quand même pas mal de candidature, je n’étais pas fixé sur un seul poste.

Exerces-tu en Hôpital ou en Clinique ? Y a t-il une différence entre le public et le privé selon toi ? Si oui à quel niveau ?

J’exerce dans un hôpital public. Cela a été mon choix des le départ car contrairement aux cliniques, l’hôpital accueille tout les patients quelque soit ses ressources et qu’il ait des papiers ou non.

Du point de vu du travail la différence majeur c’est que dans le public nous avons la sécurité de l’emploi. Niveau condition de travail cela doit être pareil.

Est-ce que tu t’éclates ou bien c’est bof et tu envisages d’aller voir ailleurs ?

S’éclater est un bien grand mot. J’adore le contact avec les enfants. Après, les conditions de travail sont difficile et, par raison de budget, je suis de jour mais aussi de nuit. Ce qui est exténuant.

Je change bientôt de poste pour exercer en maternité.

Combien gagnes-tu tous les mois ? Es-tu satisfaite de ton salaire ?

Je gagne être 1650 et 1800 euros en fonction du nombre de nuit que j’effectue. Je trouve que c’est un bon salaire en tant que débutante mais encore trop peu face à la charge de travail et à la responsabilité que j’ai.

Quelles sont tes conditions de travail actuellement ? Est ce que c’est difficile ou pas ? Combien d’enfants as-tu à prendre en soins ?

Les conditions de travail sont difficiles actuellement. Soit nous sommes en sous effectifs par rapport au nombre d’enfants ou quand c’est plus calme nous sommes déplacés dans des services que nous connaissons pas.

En a peine deux ans j’ai été déplacé dans 7 services différents (dont de la rea et des soins intensifs). Quand c’est comme ça le stress et la peur de faire une erreur sont omniprésents et conduisent certaines infirmières aux burn-out.

Je peux avoir jusqu’ à 10 enfants à charge.

Quels sont les principaux problèmes que rencontrent ces enfants, pourquoi viennent-ils dans ton service ?

Ce sont des enfants brûlés (brûlure aiguë ou séquelle ). On pratique dans le service de la chirurgie plastique et des greffes de peau.

Peux-tu nous donner une journée type de travail ? Que fais-tu dans ta journée, combien d’heures travailles-tu par jour ? Peux-tu détailler un peu tes activités quotidiennes ?

Le matin, après la prise des transmissions, on planifie nos soins. L’activité principale du matin est le bain thérapeutique pour chaque enfant. A 8h, il y a la visite avec les médecins.

Après on donne des antalgiques aux enfants avant le bain (morphine notamment). Certains enfants ont aussi en plus du bain, un pansement à faire. On organise donc notre matinée en fonction du rythme de l’enfant, du temps d’action des antalgiques et aussi de l’organisation des médecins car ils veulent être présent pour certains pansements.

L’après midi c’est plus calme. On fait un tour à 15h et un autre a 20h où on donne des médicaments contre les démangeaisons et on pulvérise les brûlures avec un antiseptique. Sinon, on réalise les derniers bains si il en reste. On gère les entrées et les sorties de patients, les retours de bloc et les bilans sang.

La nuit, on fait deux tours (similaires à ceux de l’après midi) à 22h et 6h.

Toute la journée et la nuit , les enfants ont également des antalgiques per os.

La journée, nous travaillons 7h36 et la nuit 10h.

Qu’aimes-tu le plus en service de pédiatrie ?

Le contact avec les enfants et leur famille et la collaboration avec les auxiliaires de puériculture. J’aime aussi beaucoup le travail de nuit car nous avons plus de temps à consacrer à chaque patient.

Au contraire que détestes-tu par dessus tout ?

Être impuissante face à la douleur d’un enfant. Aussi, ne pas pouvoir prendre du temps pour un enfant qui en a besoin.

Quelle anecdote peux-tu nous raconter sur un patient qui t’a le plus marqué ?

Il n’y a pas de patients qui m’a le plus marqué. A part une petite fille qui est arrivé chez nous à l âge de quelques mois et qui est resté longtemps chez nous. Elle n’avait pas ses parents avec elle. On l’a donc vu évoluer avec nous et cela a été dur quand elle est partie.

As-tu le temps pour des loisirs en dehors de ton travail ? Si oui lesquels ?

Bien sûr ! 🙂 Je sors avec des amis, fait des voyages, fait du shopping…

Comment ont été tes début en pédiatrie ? Facile ? Pas facile ? Quelles compétences faut-il absolument maîtriser pour pouvoir travailler dans ce genre de service ?

Mes débuts ont été un peu difficile. Ce n’est pas toujours évident de s’intégrer dans une équipe qui se connaît depuis un certains temps.

Du côté des soins je n’avais jamais fait de bains de brûlés et je n’avais jamais piqué un enfant et encore moins un nourrisson !

J’avais tout à apprendre.

Au niveau technique cela s’apprend sur le tas. J’ai eu un mois d’intégration. Après je pense qu’il faut absolument maitriser la théorie comme les calculs de dose.

Comment vois-tu la pédiatrie dans 10 ans ? Seras-tu toujours infirmière dans ce type de service, comment te projettes-tu ?

Je pense que dans 10 ans cela sera encore plus « l’usine » qu’aujourd’hui. On aura moins de temps pour nos soins auprès des patients et encore moins de place au relationnel.

Je ne sais pas si je serais encore infirmière à l’hôpital. Je serais peut être en crèche ou en structure sociale.

En France on a une culture du soin « gratuit pour tous », penses-tu que les soins doivent continuer d’être gratuit ou devenir payant ? Quel est ton avis là-dessus ?

Absolument ! Pour moi, c’est la force du système de santé en France. Si cela change, j’irais exercer mon métier ailleurs ou alors je changerais.

Que penses-tu des nouvelles technologies ? L’informatique à l’hôpital est-il une bonne chose selon toi ?

Cela est quand même une avancée. Nous n’avons pas de tablette chez nous mais je sais que c’est bénéfique pour les enfants, notamment pour l’acceptation des soins, la distraction et contre l’anxiété au moment d’aller au bloc.

On se sert beaucoup de notre portable pour la distraction.

L’informatique à l’hôpital serait pour moi un gain de temps mais le problème c’est que quand il y a un dysfonctionnement on a pas moyen d’avancer dans notre travail à moins de ressortir (si c est possible !) les prescriptions papiers…

Nous ce n’est pas informatisé et nous nous plaignons pas trop.

Penses-tu que le métier d’infirmier est reconnu à sa juste valeur ? Peux-tu nous expliquer ton point de vu ?

Pas du tout. Si il était reconnu à sa juste valeur l’hôpital aurait plus de moyen pour prendre en charge les malades.

Je trouve que nous ne sommes que des pions pour la direction de l’hôpital et les directeurs. Nous sommes déplacés sans tenir compte de notre avis. J’ai déjà exprimé mon refus de ne pas être déplacé en réa brûlés car je ne me sentais pas capable d’effectuer les soins. Pourtant, j’y suis déjà allée deux fois…

Selon moi, il n’y a pas de respect des enfants soignés ni du personnel.

S’il n’y avait pas le sourire des enfants et la reconnaissance des parents je pense que j’aurais déjà quitté le milieu hospitalier.

C’est fort ce que tu dis. Aujourd’hui quelles sont les évolutions possibles pour les infirmières en pédiatrie ? As-tu un projet précis en terme de carrière ?

On peut devenir infirmière puéricultrice ou bien faire un DU (diplôme universitaire) en pédiatrie.

A long terme je souhaite devenir puéricultrice et travailler en pouponnière mais pour l’instant je change et je vais travailler en maternité car je souhaite découvrir un autre univers.

Un petit mot de la fin ? Quel conseil donnerais-tu aux étudiants qui souhaiteraient orienter leur carrière professionnelle vers un service de pédiatrie ?

Ne pas hésiter à se lancer ! Je ne regrette pas d’avoir choisi la pédiatrie en premier poste. 🙂

Après il ne faut pas idéaliser le service… Il y a aussi des inconvénients à travailler en pédiatrie et malheureusement nous n’avons que peu de temps à accorder à chaque enfant donc c’est assez frustrant au départ.

Il faut aussi se blinder émotionnellement car il y a des situations difficiles : familiales, au niveau des pathologies, des conditions de vie, etc…

Merci Florence pour ton témoignage ! Pose maintenant toutes tes questions dans les commentaires à Florence, elle se fera un plaisir de te répondre 😉

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